Ralph 2.0

Ralph quitte l’univers des jeux d’arcade pour s’aventurer dans le monde sans limite d’Internet. La Toile va-t-elle résister à son légendaire talent de démolisseur ? Ralph et son amie Vanellope von Schweetz vont prendre tous les risques en s’aventurant dans l’étrange univers d’Internet à la recherche d’une pièce de rechange pour réparer la borne de Sugar Rush, le jeu vidéo dans lequel vit Vanellope. Rapidement dépassés par le monde qui les entoure, ils vont devoir demander de l’aide aux habitants d’Internet, les Netizens, afin de trouver leur chemin, et notamment à Yesss, l’algorithme principal, le cœur et l’âme du site créateur de tendances BuzzzTube…

Date de sortie 13 février 2019 (1h 53min)
De Rich Moore, Phil Johnston
Avec François-Xavier Demaison, Dorothée Pousséo, Jonathan Cohen plus
Genre Animation
Nationalité américain

Découvrez un extrait exclusif de Ralph 2.0, le délicieux choc des générations

CRITIQUE – Six ans après Les Mondes de Ralph, le réalisateur Rich Moore offre une suite à son héros vintage. Après une immersion dans l’univers des jeux d’arcade, Ralph la casse se plonge dans l’immensité d’Internet. Vertigineux.

«Je m’appelle Ralph et je suis un méchant. Je mesure 2,70 mètres, je pèse dans les 271 kilos et j’ai plutôt mauvais caractère. Je suis démolisseur, je casse les choses…» À la manière du Shrek de Dreamworks, Ralph incarne chez Disney ce vilain héros, gigantesque, drôle et attachant à la fois. Lorsque le producteur de Disney John Lasseter avait demandé à Rich Moore (Zootopie ), de créer un dessin animé sur l’univers des jeux vidéo, c’est Félix, le gentil réparateur, qui devait être le personnage central. «Ralph était un sale type qui devait s’appeler Wendell Grubble», se rappelle le scénariste Phil Johnston.

«On voulait quelque chose qui évoque les premiers jeux vidéo dans le style de Donkey Kong», ajoute Rich Moore. «Et l’idée du méchant vivant une crise existentielle après 30 années de service nous est venue.» Tout le film avait alors été repensé. En 2012, Les Mondes de Ralph nous avait replongé, avec nostalgie pour les plus anciens d’entre nous et amusement pour les plus jeunes, dans l’univers des salles d’arcade avec ses jeux vidéo aux pixels épais. Les historiques Pacman, Street Fighter, Tapper ou encore Sonic se mélangeaient à des créations originales (Fix-it Felix, Sugar Rush).

Dans sa quête à la reconnaissance, Ralph s’était lié d’amitié avec l’intrépide pilote de course Vanellope von Schweetz, l’anomalie qui faisait bugger, malgré elle, le jeu Sugar Rush à cause du véritable méchant de l’histoire, le roi Turbo. Six ans plus tard, les deux acolytes sont au centre de la suite signée Rich Moore et Phil Johnson. Dans la salle d’arcade, le volant de la borne de Sugar Rush a été brisé et l’avenir du jeu est menacé. Pour faciliter sa réparation, Ralph et Vanellope partent explorer le web pour tenter d’acheter la pièce de rechange.

Dans cet espace insondable, les réalisateurs ont confronté les deux héros à des sites Internet incontournables comme Google, eBay, Twitter ou encore BuzzzTube, l’équivalent de YouTube. Avec ce nouveau choc culturel et générationnel, les adultes et les enfants se reconnaîtront dans l’évolution des personnages: le vieux Ralph progresse le plus souvent à contre-courant et n’a pas envie de s’attarder dans ce monde inconnu tandis que la jeune Vanellope, qui s’ennuie dans Sugar Rush, est fascinée par cette immersion, tel un enfant scotché à sa tablette numérique.

Les princesses Disney rassemblées pour la première fois

En se démarquant ainsi des Mondes de Ralph, ce Ralph 2.0 réussit le pari de proposer une suite passionnante, terriblement drôle, effrayante parfois et surtout touchante. Parmi les scènes mémorables, une rencontre culte entre Vanellope et toutes les princesses de Disney comme nous ne les avions jamais vu auparavant. Pocahontas, Anna et Elsa (La Reine des neiges), Raiponce, Vaiana, Ariel (La Petite Sirène), Tiana (La Princesse et la Grenouille) et les plus anciennes Cendrillon, Blanche-Neige ou encore Aurore de La Belle au bois dormant jouent le jeu de ce choc générationnel. Mais aussi Ralph lorsqu’il teste toutes les grandes tendances virales sur la plate-forme de vidéo BuzzzTube. Le plaisir se prolonge jusqu’à la fin du générique où la voix de François-Xavier Demaison, qui double savoureusement Ralph, vous restera longtemps en tête après la projection.

En 2012, Les Mondes de Ralph assumait pleinement son statut de film Disney intermédiaire plutôt sympathique, mais complètement inoffensif. Six ans plus tard, le réalisateur Rich Moore (accompagné cette fois par Phil Johnston) remet le couvert pour une suite sobrement intitulée Ralph 2.0, beaucoup plus alléchante et drôle que ce qu’on imaginait après la bande-annonce. Dans une longue présentation au festival d’animation d’Annecy 2018, Kira Lehtomaki et Josie Trinidad – respectivement responsables de l’animation et du scénario – ont dévoilé plusieurs extraits du film, qui propulsera cette fois les héros dans Internet. Le volant de la borne d’arcade de Vanellope étant cassé, il va lui falloir acheter sur eBay le dernier exemplaire disponible, sous peine de voir son jeu partir à la poubelle. Ralph son amie vont alors devoir passer dans le monde du net, sorte de ville immense remplie de bâtiments (les serveurs) et de routes (la fibre optique), peuplée par les Net Citizens (les personnages qui font tourner Internet) : un archiviste sert de moteur de recherche, le GPS est un passager de la voiture qui lit la carte en temps réel, un serveur représente l’application Yelp…

Les Net Users (les humains qui surfent sur le web) ont quant à eux des airs d’avatars Nintendo, dont l’animation des déplacements imite le mouvement d’une souris. Leur tête se dirige dans un sens suite à un clic, et le corps suit comme un pantin. Kira Lehtomaki confie à Première qu’il « y a eu peut-être cinquante tests d’animation. Sur l’un d’eux, on voyait carrément le pointeur de le curseur de la souris cliquer sur les gens pour les transporter à l’endroit désiré. On a testé plein de trucs fous avant d’en arriver là ».

Pas de politique

Dans une scène, Ralph et Vanellope réussissent à mettre la main sur le volant tant convoité chez eBay, mais ne comprennent pas le système d’enchères et proposent un prix délirant. Une fois à la caisse – littéralement : une caissière leur demande leur carte de crédit -, ils réalisent qu’ils n’ont pas l’argent nécessaire. C’est alors qu’un nouveau personnage, Yesss, l’algorithme du site BuzzTube, leur propose de devenir des stars d’Internet en produisant des vidéos à succès. Cette logique interne absurde et résolument jusqu’au-boutiste a été inspirée au départ par la carte mère des ordinateurs : « Moore et Johnston ont réalisé que ça ressemblait à une petite ville », explique Josie Trinidad. « Puis il y a eu des concept arts et chaque idée donnait naissance à une autre. Jusqu’à en arriver à cette représentation physique d’Internet ».

Chaque site majeur a son propre building « physique » : Amazon, Snapchat, Google, Facebook… Une déferlante de marques en forme de placement de produit géant, que Ralph 2.0 semble réussir à intégrer plutôt astucieusement, mais qui le prive d’office de tout message politique sur les géants du web. Interrogée sur le sujet, Trinidad botte en touche : « Au début du développement, on s’est demandé pourquoi on faisait ce film, c’était la grosse interrogation des réalisateurs. Fallait-il aller vers quelque chose comme Zootopie, avec un grand message ? On se disait notamment que les gens vivent dans des bulles avec Internet. Dans une version du scénario, Vanellope succombait par exemple. aux réseaux sociaux. Mais plus le script avançait, plus on se recentrait sur l’histoire de Ralph et Vanellope. En fait, ce sont deux amis d’un petit village qui se rendent à la grande ville. L’un des deux adore ça, l’autre voudrait retourner chez lui. Est-ce que leur amitié va survivre à ça ? » On repassera pour la charge contre le monopole des Gafa.

Avant de quitter la scène, Lehtomaki et Trinidad avaient une petite bombe à lâcher : l’intégralité d’une scène à crever de rire, aperçue dans la bande-annonce, où Vanellope utilise une faille dans le site Oh My Disney pour se rendre dans une pièce qui regroupe à peu tout ce que la firme compte de princesses. Disney y pratique l’autodérision (fait rare) juste ce qu’il faut et en profite pour rendre hommage à ses personnages iconiques, dont certains passent pour l’occasion du dessin à la main à la 3D : « Le poids de cette tâche était énorme », assure Lehtomaki. « Ce sont des légendes, il ne fallait pas se louper. On a parlé à tous les doubleurs et animateurs originaux quand c’était encore possible. D’ailleurs, la plupart des voix sont celles d’origine. Et on a été bien aidés par Don Hahn, qui a notamment créé Ariel et Belle et a supervisé cette scène. Il fallait que tous leurs gestes soient authentiques. Passer de la 2D à la 3D, c’était un vrai challenge. Prenez La Belle aux bois dormant : sa mèche est une sorte de cinnamon bun (NDLR : un roulé à la cannelle). Sauf que ça ne marche pas avec de vrais cheveux ! Il a parfois fallu qu’on triche un peu avec la 3D, tout en respectant ce qu’elles sont ».

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